Petit retour anecdotique (mais sympathique) du festival.....
samedi 31 août 2013
jeudi 29 août 2013
FESTIVAL BD SOLLIES VILLE EDITION 2013
De retour de Sollies avec deux dédicaces (un record)!
Tout d'abord, un dessin de Shelton, légende (encore vivante) de l'underground comix des années 70. Fait au stylo bic bleu...la classe quoi.
Et pour finir, une dédicace par un Hermann complétement bourré à la bière, au crayon, à main levé, tout en discutant des chanteurs d'antan (-Mais où sont passés les Brel et les Brassens? -Je sais pas Msieur Hermann, ils sont morts...)
samedi 27 juillet 2013
samedi 6 juillet 2013
FESTIVAL BD ANTIBES 2013
Avec ma dédicace de "3 déclinaisons" par Pierre Maurel, voici la suite de mes découvertes lors du festival bd d'Antibes 2013 (3ème édition):
James sur "Les mauvaises humeurs de James et la Tête X" aux éditions 6 pieds sous terre...une relique :p
Deux dédicaces de Fabcaro (depuis le temps que je voulais le rencontrer) sur "Le steak haché de Damoclès" et "Droit dans le mûr" aux éditions la Cafetière.
Michel Galvin sur "Fin de chaîne", une BD tellement ouatzefeuk....
Aseyn sur "Le palais de glace" aux éditions L'Employé du Moi, une bien belle BD au graphisme soigné
James sur "Les mauvaises humeurs de James et la Tête X" aux éditions 6 pieds sous terre...une relique :p
Deux dédicaces de Fabcaro (depuis le temps que je voulais le rencontrer) sur "Le steak haché de Damoclès" et "Droit dans le mûr" aux éditions la Cafetière.
Michel Galvin sur "Fin de chaîne", une BD tellement ouatzefeuk....
Aseyn sur "Le palais de glace" aux éditions L'Employé du Moi, une bien belle BD au graphisme soigné
vendredi 28 juin 2013
3 DECLINAISONS de Pierre Maurel (L'Employé du Moi)
3 déclinaisons, 3 histoires, 3 tranches de vies, une seule idée. La BD de Pierre Maurel raconte avec beaucoup de subtilité la transformation plus ou moins rapide du mode de vie de trois personnages: un chômeur, une jeune fille cumulant des CDD et un couple qui a du mal à joindre les deux bouts à la fin du mois. Sans avoir de relations entre eux, les destinées de ces personnages seront amenées à se croiser, sans jamais intervenir directement, un peu à la manière des films de Paul Thomas Anderson et d'Alejandro Gonzales Innaritu. Profondément sociale et dénonciatrice, la richesse de cette BD tient à la forme de son discours, qui montre, démontre, juge parfois mais n'est jamais moralisateur.
La première histoire est la plus onirique; un chômeur est victime de visions, des plantes, des feuilles, des branches, une végétation luxuriante et désordonnée (et non pas des arbres bien droits et définis) envahissent son espace sans raison apparente, et ce n'est pas ses séances chez le psy qui le soigne de ses délires. L'explication paraît simple, mais mettra du temps à apparaître chez le personnage: le retour à la nature, l'échappée d'une vie urbaine ennuyeuse, injuste (le personnage est radié de l'ancienne
ANPE). Les visions devenant de plus en plus fortes, à la limite de la folie violente et furieuse même si simplement fantasmée (à l'image de la couverture), le personnage finira par vendre toute ses affaires, prendre son sac et partir....dans un horizon feuillu.
La deuxième histoire, la plus longue, la plus politique aussi s'attache à raconter la vie d'une jeune femme, exploitée dans une librairie par une patronne qui lui fait cumuler des CDD. Elle accepte ce système qui l'emprisonne, mais à plus en plus de mal à y survivre. Un an passe (magnifique ellipse sur une page avec cet arbre qui subit les 4 saisons de manière instantanée), elle rencontre un jeune homme, une connaissance à elle qui a voulu s'opposer aux mesquinerie du capitalisme et des patrons, ce qui
lui a coûté un passage en prison. Elle apprend qu'il continue la lutte, et l'attend dans ses rangs. Elle n'est pas convaincue, mais le comportement toujours plus extrême de sa patronne va la pousser à bout, tout comme sa prégnante admiration pour le mouvement anarchiste et revendicateur de son ami qui prend d'assaut une chaîne de télévision lors d'émeutes urbaines (là encore deux très belles cases montrant les manifestants et les CRS, deux mêmes masses centrées dans l'espace cerclé de blanc, opposées et pourtant semblables). Elle part pour la manifestation, euphorisée par cette révolte de jeunes, de sa jeunesse ("il ne va rien m'arriver de mal"), continuant une lutte dont on connaît pourtant l'issue, tandis que son ami quitte le pays pour éviter les poursuite de la police.
La troisième et dernière histoire est la plus courte, une sorte d'épilogue: cette fois, il s'agit d'un couple, elle, travaille dans la même librairie que la jeune fille de la deuxième histoire (qu'elle remplace d'ailleurs) et lui est chômeur. La fille est elle aussi victime de l'imbécillité de la patronne, lui subit, comme le personnage de la première histoire, l'incapacité de l'ANPE. Ils décident de tout quitter, prennent la route dans une camionnette, avec pourtant une dernière incertitude quant à leur destination.
Une même idée, une seule dénonciation, racontées de trois façons, pas si différentes que ça, qui se complètent indirectement... 3 déclinaisons du mal être urbain, de la révolte intérieure, avec la même solution: plus jamais ça.
dimanche 23 juin 2013
L'AMOUR EN EXTASE
Bande-dessinée réalisée en Novembre 2012, après avoir vu le film "Eté japonais: double suicide contraint" (Muri shinzu: Nihon no natsu) de Nagisa Oshima (mais sans aucun rapport au niveau de l'histoire, ni même des persos).
Publiée dans Autiste #2
Publiée dans Autiste #2
vendredi 14 juin 2013
Hair Shirt de Patrick McEown
"Hair shirt", ou "chemise de cheveux" désigne le cilice, un vêtement en crin porté pour la mortification.
John est un vieil ado, un jeune adulte perturbé dans tous les sens du terme: célibataire depuis quatre ans, il n'assume pas pleinement sa sexualité et garde au fond de lui la perte de son meilleur pote.
La retour dans sa vie d'une amie d'enfance réveillera en lui des souvenirs aussi bien mâtinés de joie, que de peines, de désirs et de refoulement, d'éveil et de lassitude.
"Hair shirt" est dessiné par un auteur canadien, un habitué des comics DC et Dark Horse qui signe ici sa "première véritable bande-dessinée", comme il le dit lui même dans sa présentation en fin de livre. Est-ce un livre autobiographique? La pratique semble habituelle chez les artistes de ce continent; mais là où un Joe Matt ou un Chester Brown expriment leurs déboires dessinés de manière réaliste, tandis qu'un Dave Cooper ou un Bryan Lee O'Malley exultent leurs fantasmes de façon surréaliste ou onirique, Patrick McEown utilise le dessin comme thérapie, déballant pèle-mêle des souvenirs, des monologues internes, des rêves, sans jamais (ou très rarement) donner la moindre explication à son lecteur.
Le livre démarre comme une banale histoire d'ado, une ville, la nuit, un concert, des amis, une fille à gros nichon, une autre fille....on sourit...pour la dernière et unique fois....ce qui suit sera de plus en plus sombre, torturé, maladif, une situation rémanente qui s'éclaircira petit à petit, avec une fin ouverte, la meilleure façon de finir une telle histoire."Hair shirt", c'est cette chemise en crin que tricote John avec ces cheveux qu'il vomit de sa bouche, une chemise qui lui lacère le corps, une pénitence qu'il s'inflige dans ses rêves où vient le hanter un chien à tête humaine, le visage de son meilleur ami décédé à 16 ans, ce meilleur ami sûr de lui, brutal, bête mais pas méchant, qui lui répète sans cesse ce mot: "loser". John, un perdant? C'est un homme incapable d'assumer ses envies sexuelles et de les adapter à ses sentiments, un gentil qui ne veut pas être cruel. Cet homme a des problèmes, il lui faudra du temps pour s'en rendre compte.
Ce livre est un labyrinthe, à l'image de la couverture, avec le cilice comme fil d'Ariane: le lecteur se perd dans la réalité, perd du temps à décrypter encore et toujours le même rêve, semble perdu par les émotions antagonistes de John... "Hair shirt" se finit comme il a commencé: un homme marche seul sur une route déserte, un point minuscule dans le paysage, une vie parmi tant d'autre; une existence, seule, sereine, seulement en apparence.
SPOILERS: Interprétation des rêves (et par extension, de l'histoire):
Le rêve de John est sans cesse le même avec des variantes; des personnages extérieurs viennent s'y ajouter au fur et à mesure des rencontres. La figure centrale reste le chien à visage humain: ce visage est celui de Chris, l'ancien meilleur ami de John, dans sa période ado, avant qu'il ne meure dans un accident de voiture; le chien, c'est la peur de Naomi, la meilleure amie de John, l'animal qui a failli la tuer lorsqu'elle était petite et dont elle a gardé les cicatrices sur ses fesses, du moins, c'est l'histoire qu'a cru en retirer John. On comprend très bien à la toute fin du bouquin qu'il n'y a jamais eu de chien, que ces cicatrices étaient l'œuvre soit du père (qui porterait un tatouage de chien sur l'épaule dans le dernier rêve, à moins que cela ne sois une déformation de la réalité) soit du frère, violent et pervers avec sa sœur. Les cheveux que John tricote occupent son esprit, il n'a pas réussi à faire le deuil de son meilleur ami et celui-ci ne cesse de le hanter, comme s'il voulait rendre John devant le fait accompli, lui faire avouer la dure réalité: John aussi bien que Naomi cachent leur peur, leur peine, fantasment (dans tous les sens du terme) sur leurs propres souvenirs, jusqu'à les travestirent, rendre acceptable leur évocation dans la réalité, mais les déforment à l'extrême et de manière cruelle dans leur rêve.
La construction du récit par McEown, succession de tranches de vies et de rêves toujours plus précis et évocateurs est idéal pour raconter une histoire aussi personnelle basé sur le mal-être. Si aucune explication n'est clairement donnée, c'est bien pour établir une frontière entre le lecteur, simple spectateur, et l'auteur, vomissant ses craintes et son intimité. Nous pénétrons l'esprit même de John, sachant ce qu'il pense grâce à la voix off, sachant ses rêves, mais sans pour autant anticiper ses actions ni même comprendre le fil de sa pensée.
Le dernier rêve fait apparaître un chien avec un autre visage, celui de John, la langue pendu, pénétrant dans une chambre, les yeux fous avant d'être décapité par un énorme piège à loup. La tête tranchée de John énoncera dans un rictus figé un "merci", adressé à qui? Au lecteur? A l'auteur? Au personnage principal? A toutes ces personnes à la fois peut être.
La délivrance.
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